Archives Mensuelles: février 2013

L’Humanité – des attaques qui n’ont rien de subliminales ! (PCF 93)

La mairie de Montreuil mène depuis plusieurs mois une cabale contre les salariés du Méliès, le cinéma municipal de Montreuil. Son régisseur, son régisseur adjoint et son directeur artistique, Stéphane Goudet, sont accusés de détournement de fonds et livrés à la vindicte publique. Cette stigmatisation d’un bien culturel commun à la Seine-Saint-Denis et d’un travail d’éducation à l’image, hors paire, est intolérable.

Point de mauvaise gestion ou de gestion malhonnête, le prétendu détournement de fonds ne serait en fait que des recettes de projections non commerciales, utilisées, comme cela se pratique partout en France, pour compenser des places offertes par la ville à des associations partenaires. Il en est de même pour le trou de 8000 euros, qui ne serait que la résultante de retards d’encaissement de séances scolaires, se comblant au cours de l’année lorsque les établissements reçoivent les moyens leur permettant de payer leur dû. Les salariés du cinéma, mis en cause, sont en mesure de justifier avec sérénité leur comptabilité, dès lors qu’on leur en laisse l’occasion, loin de tout devoir de réserve. Ces accusations touchent le fond ! Les salariés en sont à leur 39ème jour de grève, leur seul moyen de réponse contre cette stigmatisation odieuse.

Pourtant, la mairie de Montreuil persiste dans son acharnement et le signe en mutant d’office deux salariés, en ne renouvelant pas le contrat d’un troisième et en refusant la titularisation d’un quatrième salarié. Elle a également signifié vendredi dernier à Stéphane Goudet son licenciement, lui reprochant un manquement au devoir de réserve, une nuisance à l’image de Montreuil et des insultes subliminales sur internet. Mieux que dans « Minority Report », les « précogs » de la municipalité reprochent des insultes subliminales, c’est-à-dire imperceptibles !

Les attaques contre le Méliès n’ont par contre rien de subliminales. En maniant le glaive de l’injustice contre les salariés, en jetant l’opprobre sur son directeur artistique, la municipalité de Montreuil fragilise un des plus grands cinémas d’art et d’essai de France.

La fédération du PCF 93 soutient les salariés du Méliès et leur directeur artistique, contre les attaques dont ils sont victimes, et partage leur bataille de chaque instant pour la défense d’un cinéma exigeant accessible au plus grand nombre et permettant à une diversité d’œuvres cinématographiques de rencontrer leur public. Est-Ensemble, qui s’est vu confier la gestion du futur Méliès, doit prendre ses responsabilités dans cette affaire, pour sortir de cette crise.

Hervé Bramy, secrétaire départemental du PCF

Lien vers l’article : http://www.humanite.fr/fil-rouge/cinema-le-melies-a-montreuil-des-attaque-qui-nont-rien-de-subliminales-pcf-93

La Société des Réalisateurs de Films : Soutien au cinéma le Méliès de Montreuil

La SRF (Société des Réalisateurs de Films)

Nous relayons ci-dessous le texte des 4 cinéastes, membres du conseil du Cinéma Méliès, Robert Guédiguian, Dominique Cabrera, Dominik Moll et Solveig Anspach qui soutiennent le Méliès de Montreuil et vient de paraitre sous forme de pétition. Pour la lire, signer, partager :  https://www.lapetition.be/en-ligne/Crise-au-melies-de-montreuil-12398.html

(Vous pouvez aussi toujours signer la pétition de l’association de spectateurs Renc’art au Méliès, https://12363.lapetition.be/ )
 

« Le cinéma Méliès de Montreuil est à nouveau en crise. Alors que nous devrions être occupés à préparer au mieux l’ouverture, prévue fin 2013, du plus grand complexe d’art et essai-recherche municipal de France, un climat de délation et de soupçon empoisonne l’atmosphère. On parle de “découverte d’une caisse noire”, de “détournement de fonds ». On dénonce les salariés du Méliès à la télévision, comme si l’on connaissait les conclusions d’une enquête qui ne fait que commencer.
C’est la troisième fois en un an que les mêmes personnes sont attaquées pour des motifs chaque fois différents, avec chaque fois serment de détenir des éléments graves et déterminants.
Pourquoi ne laisse-t-on pas les salariés animer ce cinéma dans la sérénité, ce qu’ils excellent à faire de l’avis général ? Pourquoi s’acharner ainsi ?
Il n’y a pas plus de découverte de  » caisse noire « , que de « détournement de fonds ».
Que se passe-t-il ?
Dans notre cinéma, sur 4000 séances par an, il y a environ une dizaine de séances non commerciales. Elles concernent des films rares, souvent anciens, ou des téléfilms, qui n’ont ni visa, ni distributeur. Les entrées des séances non commerciales sont encaissées par une billetterie parallèle depuis 15 ans au moins, au vu et au su des élus, des DAC, de la direction administrative, des comptables, des régisseurs. Il en est de même de nombreuses salles dynamiques qui organisent des séances non commerciales.
Ces séances ne pouvaient pas être encaissées par la billetterie CNC sans entrer, soit un faux numéro de visa, soit un faux distributeur, soit une fausse quatrième salle. Les recettes non commerciales étaient reversées a posteriori dans la billetterie CNC : elles servaient, au Méliès comme dans d’autres cinémas, à acheter des billets offerts par la ville aux associations-partenaires lors des soirées-débats. Au lieu d’éditer des exonérés, avec cet argent on payait des billets !
Dominique Voynet, Maire de Montreuil, accuse aujourd’hui l’équipe du cinéma d’avoir « détourné des fonds publics » et d’avoir privé la ville de ces recettes… au profit des créateurs, du CNC et du système de redistribution qui alimente tout le cinéma français !
Cette situation a pour origine un vide de la réglementation, connu du CNC. Il y a partiellement répondu en 2008 en créant les « visas provisoires » pour les séances non commerciales des festivals.
En 2008, Libération écrivait à propos des séances non commerciales et des visas provisoires contestés par la profession :  » Le caractère désormais obligatoire de ce visa temporaire ouvre gentiment la porte à ceux qui, pour des raisons diverses et variées, souhaiteraient nuire à une manifestation. Ainsi, il n’est pas totalement farfelu d’imaginer qu’un beau jour, un excité quelconque saisisse la justice à propos d’un film projeté dans un festival dont l’organisateur n’aurait pas demandé le fameux visa « . La transposition avec une équipe municipale désireuse d’attaquer une équipe de cinéma solidaire est tentante… Et Bruno Icher concluait : «’Dura lex sed lex’, diront alors – à condition qu’ils soient latinistes – les policiers en saisissant les bobines ». Ou en convoquant au poste voire au tribunal l’équipe de la salle visée obstinément par la mairie…
A qui, à quoi sert en effet cet acharnement ? S’agit-il de ressentiment personnel ? S’agit-il de se débarrasser d’une équipe talentueuse ? S’agit-il de remettre en cause le Nouveau Méliès, le projet novateur et généreux de cinéma public de notre ville?
Nous tenons à assurer de notre confiance les salariés qui viennent d’être suspendus et accusés sans preuve, et exigeons leur réintégration immédiate dans leurs fonctions.
Nous demandons que soit réglé, en partenariat avec le CNC et le trésor public, par des réunions de travail et non par des enquêtes, des menaces et des plaintes au pénal, le problème d’intégration des séances non commerciales dans la billetterie classique.
Nous demandons que soit enfin débattu publiquement le projet culturel du Nouveau Méliès. « 

Robert Guédiguian, Solveig Anspach, Dominique Cabrera et Dominik Moll, cinéastes, membres du conseil du cinéma Méliès à Montreuil

Un appel à manifester est lancé pour LE SAMEDI 19 JANVIER 2013 À 14 H DEVANT LE CINÉMA GEORGES MÉLIÈS A MONTREUIL.

N’hésitez pas à faire passer l’information.

Lien vers l’article original : http://www.la-srf.fr/index.php?option=com_flexicontent&view=items&id=1335:crise-au-cinema-melies-de-montreuil-&Itemid=999

Mediapart – Tout va très bien à Voynetgrad

24 février 2013 Par Jean-Pierre Anselme

À Montreuil (93), retranchée dans son bunker de l’hôtel de ville, Dominique Voynet, au crépuscule de son mandat de maire, doit affronter les fruits de son despotisme : les salariés du cinéma Méliès poursuivent leur grève entamée il y a 37 jours, trois services municipaux sont en grève depuis 15 jours et les 2500 agents de la Ville sont appelés à une grève générale reconductible.

« Tous Montreuil » proclame le logo du journal municipal. « Tous Montreuil », sauf un : Stéphane Goudet. Le directeur du cinéma municipal d’art et d’essai de la Ville de Montreuil-sous-Bois, Le Méliès, a été licencié le 23 février, sans préavis ni indemnité. La répression s’abat aussi sur d’autres salariés : Deux mutations, un CDD non renouvelé, un autre CDD généreusement repoussé de six mois afin que l’intéressé « démontre sa capacité à servir »

Une conception féodale de la gouvernance, la croyance dévote aux vertus de la propagande, la conviction cynique que « la fin justifie les moyens », une distance aristocratique à l’égard des administrés… Depuis 2008, tous les ingrédients d’une explosion se sont accumulés pour que la ville de Montreuil se transforme en champ de bataille. Nul doute que l’ampleur de la mobilisation pour sauver le cinéma municipal d’art et d’essai de Montreuil et la résistance sans faille de ses 15 salariés au pilonnage de Dominique Voynet, ont contribué à soulever le couvercle de la marmite.

UN AIR IRRESPIRABLE

Il y a quinze jours, les personnels de l’accueil à la petite enfance se sont mis en grève sur un cahier de revendications portant sur les salaires et, une semaine plus tard, ceux de deux autres services (les affaires générales et l’état civil) les ont rejoints. Le mouvement qui concerne 58 salariés est très largement suivi. Dans la foulée, la CGT appelle l’ensemble des 2500 agents municipaux à une grève générale reconductible, à partir du dimanche 24 février.

« Respect », « mépris », « violence »… avec la grève les langues se délient sur la souffrance au travail à la mairie de Montreuil. Dominique Voynet est perçue comme « distante », « hautaine », « glaciale »« Elle ne dit jamais bonjour », « elle nous fuit, on dirait qu’elle a peur », « on ne peut jamais lui parler »« Ils (Dominique Voynet et ses conseillers municipaux) sont tous là (l’hôtel de ville), au premier étage, la première année on ne les a jamais vu, ils nous évitaient. Maintenant, ils ont un vigile et aussi un digicode qui bloquent en permanence l’accès à leurs bureaux. » « On a le sentiment qu’ils ignorent notre boulot », « on en fait de plus en plus, les tâches sont de plus en plus complexe, mais on est au même nombre et en plus on vous tape sur l’épaule en rigolant : “Te plains pas, t’es pas en train de casser des cailloux !” »

En 2011, le médecin du travail écrivait : « hors situation d’agression, 129 agents ont consulté pour souffrance psychique au travail, c’est-à-dire trois fois plus qu’en 2010. (…) S’agissant des consultations faites sur demande des agents, les consultations pour souffrance psychique au travail représentent 50% des demandes. » Le médecin parle de « sentiment de naufrage et d’abandon » et de « cas atroces ».

Sans préjuger de son ampleur et de son issue, quelques soient aussi les présumées arrières pensées électorales des uns et des autres, le mouvement social en cours à Montreuil est emblêmatique du divorce de plus en manifeste entre les personnels de la municipalité et la maire. Et il suffit de faire un tour dans les nombreux troquets de cette ville de plus de 100 000 habitants ou encore d’arpenter les allées de son marché et de discuter avec les uns et les autres, pour constater à quel point la maire est impopulaire.

Au climat exécrable qui domine les relations sociales à la mairie de Montreuil s’ajoute l’ambiance toxique qui empoisonne le conseil municipal lui-même. Comme à celui de décembre 2012, où il faut qu’un agent de sécurité ceinture un élus proche de Dominique Voynet pour l’empêcher de frapper un représentant de l’opposition. On s’invective, on s’insulte. La maire elle-même donne le ton : « Je ne cherche pas à convaincre, je cherche à faire voter. »

Constatant que son action « souffre d’un manque de visibilité », à moins d’un an des élections municipales, Dominique Voynet s’est adjoint les services d’une agence de communication pour « consolider le positionnement de Montreuil ville écologique et sociale » et élaborer des plans de communication de crise destinés à régler les situations de tensions… Pour un coût estimé d’environ 200 000 euros.

UNE BATAILLE EMBLÉMATIQUE

C’est dans ce contexte que se déroule depuis des mois, bientôt cinq ans, le bras de fer entre l’équipe du Méliès et Dominique Voynet. Un conflit social ou plutôt un conflit global. Les 15 travailleurs sont des salariés comme les autres, à ceci près qu’ils sont des producteurs de culture, de ce qui nourrit une société, de ce qui lui donne un sens commun. C’est ce qui explique l’ampleur prise par la mobilisation autour du cinéma Méliès et de son équipe : quand il s’agit de cinéma, on n’est pas seulement dans l’utilitaire, on est dans l’imaginaire. Vouloir le briser, comme s’ évertue la maire de Montreuil, c’est détruire le goût de la vie. Les amoureux du Méliès se battent pour vivre et comme l’a écrit François Truffaut, « la vie a beaucoup plus d’imagination que nous ». C’est ce que n’a toujours pas compris Dominique Voynet.

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France Culture – La Chronique de Philippe Meyer

La Chronique de Philippe Meyer sur France Culture – émission du 26/02/2013 :

http://www.franceculture.fr/emission-la-chronique-de-philippe-meyer-chronique-de-philippe-meyer-2013-02-26

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Politis – Procès à charge au Méliès

Politis N°1241 du 21 février 2013Par Christophe Kantcheff

Dominique Voynet veut se débarrasser de l’équipe de salariés ayant fait du cinéma de Montreuil un exemple de politique culturelle.

« Non, Stéphane Goudet n’est pas débarqué du cinéma Le Méliès de Montreuil. » Voilà ce qu’on pouvait lire en titre d’un communiqué de la ville administrée par Dominique Voynet (EELV), en date du 25 mai 2012. On attend désormais le communiqué affirmant le contraire, puisque Dominique Voynet, sur le point de parvenir à ses fins, vient d’adresser au directeur artistique du cinéma une lettre de convocation à un entretien d’entente préalable au licenciement pour manquement à l’obligation de devoir de réserve, manquement au devoir de loyauté et non-dénonciation de pratiques comptables irrégulières. Cette triste situation est le résultat d’une série de coups de boutoir opérés par la première édile montreuilloise. L’avant-dernier a eu lieu au printemps 2012. Stéphane Goudet est alors soupçonné de malmener des salariés du cinéma… dont 14 sur 15 lui apportent immédiatement leur soutien. Du coup, la municipalité est bien obligée de reconnaître que « non, Stéphane Goudet n’est pas débarqué du cinéma Le Méliès… », même si c’est à contrecœur. Au passage, on apprend que Dominique Voynet tient la programmation du directeur artistique pour élitiste – « je n’ose pas dire pour les bobos montreuillois », précise-t-elle (le Monde du 7 juin 2012), qualifiant par ce bel élan populiste le constant travail d’élargissement des publics réalisé par Stéphane Goudet, dont le cinéma n’a cessé de gagner en affluence avec des films et des animations de grande qualité.

Le dernier épisode s’est ouvert en décembre dernier avec la plainte contre X déposée par Dominique Voynet pour « détournement de fonds publics » au Méliès. Trois salariés, dont Stéphane Goudet, sont suspendus de leurs fonctions. Raison invoquée : l’existence d’une « caisse noire » alimentée par une double billetterie. La municipalité annonce qu’une enquête administrative est diligentée. Les résultats de cette enquête effectuée par la Direction générale des services de la ville, complétés par un rapport de la Direction départementale des finances publiques, viennent d’être rendus publics. La maire de Montreuil en a assuré la médiatisation, notamment lors d’une conférence de presse le 12 février (à laquelle aucun journaliste de Politis n’a été convié). La « synthèse du rapport d’enquête administrative » a fait l’effet d’une petite bombe car elle contient un chiffre explosif : on y lit que « le déficit de recettes du Méliès dû aux irrégularités de gestion […] peut être estimé au minimum à ce jour à 143 000 euros » depuis 2004. Ce chiffre, associé à l’accusation de « détournement de fonds publics », a de quoi nourrir les fantasmes, en particulier d’enrichissement personnel, dont il n’est finalement pas du tout question. Dominique Voynet a elle-même alimenté la rumeur en déclarant dans la presse que « les sommes servaient aussi […] à acheter de la drogue » (le Monde, 21 janvier). D’une évidente gravité, cette dernière allégation, dénuée de preuves, n’est en rien avérée par l’enquête administrative. « Certains de ces usages, reconnaît la note, ne peuvent être vérifiés par l’enquête administrative. »

L’équipe, en grève depuis le 19 janvier, n’a pas attendu pour réagir et désamorcer les accusations. Le 16 février, une manifestation était organisée, suivie d’une conférence de presse qui s’est transformée en vaste happening, où plusieurs centaines de personnes se sont donné rendez-vous. Des cinéastes (Anspach, Cabrera, Cantet, Guédiguian, Thorn…), des syndicalistes, des politiques et des spectateurs fidèles du Méliès y ont pris la parole. Pour l’équipe, Stéphane Goudet en tête, l’heure était aussi à l’explication de texte. Sur les 143 000 euros incriminés, 77 000 seraient issus, à en croire la ville, de l’absence de comptabilité pour les séances « non commerciales » (scolaires, films sans visa d’exploitation…). Mais ce chiffre repose sur l’estimation arbitraire (puisque décompte, précisément, il n’y a pas) d’une moyenne de 91,2 spectateurs payants. C’est « 3 à 4 fois » supérieur à la réalité, rétorque l’équipe, qui chiffre les recettes non commerciales à moins de 10 000 euros depuis 2004. Cet argent était reversé dans la billetterie commerciale (alimentant ainsi le fonds de soutien du CNC, qui finance la création cinématographique). Aux yeux de la maire, c’est autant de perdu pour la ville. Mais l’équipe rappelle que 45 % de ces recettes reviennent à celle-ci. D’où un « manque à gagner pour Montreuil, si tant est qu’on se place dans cette logique absurde, de quelques milliers d’euros seulement (3 500 exactement) », expliquent les salariés.

Autre préjudice avancé par la ville : les 58 000 euros que représenteraient les entrées exonérées, depuis 2009. Outre que l’équipe du Méliès dénonce là encore un chiffre exagéré, la décision municipale d’interdire désormais toute place exonérée serait une première en France, car aberrante. « Quid des professionnels du CNC ou des autres salles de cinéma que Le Méliès a obligation de laisser entrer gratuitement ?, interrogent les salariés. Des enseignants accompagnant les classes, des accompagnateurs des crèches, écoles et centres de loisirs ? Un budget de 10 % a-t-il été alloué au service enfance pour prendre désormais leurs places de cinéma en charge ? » Restent 8 000 euros (pour que l’addition atteigne 143 000), qui correspondraient à des défauts d’encaissement de séances scolaires. Mais il s’agit en réalité de paiements différés, pratique courante qui permet aux écoles dont la coopérative ne peut payer l’abonnement des classes dès septembre de s’en acquitter au cours de l’année scolaire. Dans une tribune parue il y a trois jours (Libération du 18 février), Dominique Voynet assure que le projet d’extension du Méliès, lancé par le maire précédent qu’elle-même a combattu, verra le jour « dans quelques mois » – dans un nouveau lieu et avec six salles au lieu de trois. « Le Méliès est et demeurera un “laboratoire de recherche” », écrit-elle, avant d’ajouter que « cela passera par la reconstruction d’une équipe “professionnelle”, forte de son expertise et de sa passion pour le cinéma, et soucieuse des règles de la comptabilité publique ». Le procès à charge lancé contre l’équipe actuelle, notamment contre Stéphane Goudet, ponctué d’arguments grossiers et de méthodes brutales, montre que cette « reconstruction » devait d’abord passer par une destruction. Pas sûr que ce genre d’acte fonde une politique culturelle ambitieuse et sereine.

Méliès Ephémère #2 : rendez-vous le 24 février dès 15h30 !

Venez nombreux pour cette seconde édition du Méliès Éphémère !
Rendez-vous dimanche 24 février à La Parole Errante (9 rue François-Debergue, 93100 Montreuil) dès 15h30 !

AU PROGRAMME :

15h30 : Accueil et goûter offert par « La Conquête du pain »

16h : Projection de « Charlie et la chocolaterie » de Mel Stuart (1h40, VF, à partir de 6 ans)

De 18h à 20h : Échanges et prises de parole des quatre services municipaux en grève (Le Méliès, Accueil Prestations à l’Enfant, État Civil, Affaires Générales).

20h : Projection de « Ça ne peut pas continuer comme ça ! » de Dominique Cabrera, suivie d’un débat avec la réalisatrice.

Grignotage à prix doux proposé par LEA (Association Lieu Ecoute Accueil)
Informations et autres surprises !

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Tract CGT Territoriaux du 19/02/2013 – Les Comptes de la Maire-Loi

ACTUELLEMENT AU CINEMA MELIES: “LES COMPTES DE LA MAIRE-LOI”
L’histoire d’une enquête administrative interne qui se faisait passer pour une enquête judiciaire.

 

Le 3 décembre 2012, la ville de Montreuil diligente une « enquête administrative » sur de présumés dysfonctionnements de gestion au cinéma municipal Georges Méliès. L’enquête supposée confidentielle, dont on a pu suivre tout le déroulement dans les communiqués de la ville dans la presse et dans les interventions de Dominique Voynet au conseil municipal, a abouti à l’exhibition d’un chiffre choc : 143 000€ manqueraient dans les caisses ! L’examen méticuleux de la synthèse adressée suggère pourtant une toute autre lecture. On a nettoyé un peu : de graves accusations proférées en début d’enquête ne sont pas avérées. D’autres faits n’auraient jamais même été suspectés. Pourquoi en avoir parlé en public et dans la presse ? Reste le montant global : phénoménal, dont on écrit partout, sauf dans l’enquête, qu’il aurait été calculé par le Trésor Public, alors que cette addition insensée n’est produite que par la ville et peut être déconstruite point par point. En réalité, pas un centime, pas un euro n’ont été détournés du budget du cinéma.

8 000€ D’ABONNEMENT, EN COURS DE PAIEMENT

Le Trésor Public fait apparaître en février qu’il manque 8000 euros en caisse sur les abonnements scolaires de l’année 2012-2013. Normal : leur paiement par les élèves et les enseignants est en cours, et le Trésor Public indique que cet argent devrait, comme chaque année, être encaissé d’ici la fin de l’année scolaire. Pourquoi alors la direction générale fait apparaître ces 8000€ qui deviendront 0€ en juin, dans un tableau sur le « préjudice financier payé par le contribuable » ? Le paiement différé promu dans la communication municipale est pratiqué au Méliès comme ailleurs sous le contrôle et avec l’assentiment du Trésor Public depuis toujours. Si cette tolérance venait à être abolie, seuls les enfants et les classes susceptibles de payer tous les films en une fois en tout début d’année pourraient être admis au cinéma municipal de Montreuil, ce qui accroîtrait évidemment les inégalités culturelles, économiques et sociales.

77 000€ DE RECETTES FANTASMEES SUR DES SÉANCES NON-COMMERCIALES… REINTEGREES DANS LA CAISSE

L’administration de la ville affirme que les séances dites non commerciales auraient généré 77 000€ de recettes non reversées dans les caisses du cinéma ! Mais le nombre de spectateurs sur ces séances marginales en nombre (une quinzaine par an sur environ 4000) et en type de films (films expérimentaux,films autoproduits, documentaires sans distributeurs…) est sciemment multiplié par 3 ou 4, en faisant comme si ces films attiraient autant de public que des films d’actualité en présence de réalisateurs très connus. La moyenne réelle de 30 spectateurs payants fait déjà tomber la soi-disant « perte » à 10 000€ pour 5 ans. Mais ce n’est pas tout. Le rapport confirme que ces entrées étaient reversées dans la caisse commerciale du Méliès. Elles ne passaient donc nullement par pertes et profits. Elles servaient à payer les ayant-droits et les distributeurs pour des places offertes par la ville aux associations-partenaires du Méliès, que ce soit à l’association de spectateurs ou à des associations d’insertion par exemple, au vu et su de tous. (cf. les programmes du Méliès) La faible part des recettes ne revenant pas à la ville a donc servi à maîtriser le taux d’exonérations du cinéma dans l’intérêt commun et à alimenter le système redistributif qui finance la création cinématographique française. « Délit de Robin des Bois », plaisantaient les enquêteurs. Et qui a mis en place, en tant que Directeur de l’action culturelle, les procédures budgétaires du Méliès lors de sa municipalisation, sans prévoir de lignes de recettes pour ces quelques séances non commerciales ? L’actuel élu à la culture et au budget de Dominique Voynet.

58 000€ DE PLACES EXONEREES… A REMBOURSER

L’administration montreuilloise a fait au moins une découverte. En 2009, les élus ont révisé les tarifs à la hausse, en expliquant refuser toute concurrence déloyale ou dumping avec UGC et MK2. Le tarif 0€, qui, par définition, n’était pas appelé à augmenter, a été oublié lors du vote. Les procureurs municipaux en déduisent donc que toutes les exonérations délivrées par le Méliès depuis ce vote l’ont été illégalement… et les ajoutent sur la facture du « préjudice payé par le contribuable »… Montant ? 58 000€ ! C’est la première fois qu’en France on essaye de facturer à une équipe culturelle les exonérations qu’elle délivre à des catégories prédéterminées de spectateurs : équipes de films, cartes professionnelles pour le CNC, cartes vertes pour les critiques de cinéma, carte CICAE pour les exploitants, invitations annoncées dans le programme du cinéma validé par la ville pour l’association de spectateurs Renc’Art au Méliès, mais aussi, il est vrai, accompagnateurs des centres de loisirs et des écoles, enseignants désireux de voir un film avant d’emmener leur classe le découvrir. Voilà ce qu’on voudrait abolir ? Quid alors des places exonérées demandées par les élus eux-mêmes ? Les fera-t-on rembourser par l’équipe de la salle ?  Vérfication faite auprès de l’association Cinémas 93, avec moins de 3% d’exonérations, Le Méliès est de toutes les salles publiques de la Seine-Saint Denis celle qui délivre le moins de places gratuites, tout en organisant le plus d’événements et de rencontres.

COMMENT UNE ENQUETE PEUT-ELLE ETRE A CE POINT FAUSSEE ET CONDUITE A CHARGE?

D’une part, il s’agit d’une enquête interne unilatérale, non contradictoire, non soumise aux règles élémentaires du droit (présomption d’innocence, droit à la défense…) Ses accusations ont été écrites et en partie publiées avant même qu’elle ne commence. D’autre part, elle a été conduite par quatre Directeurs de service de l’administration dont deux ont eu la responsabilité du Méliès par intérim entre janvier et octobre 2012. Ou comment être à la fois juges et parties. Etonnamment, jamais le rapport ne précise le degré d’implication des deux Directeurs Généraux Adjoints des Services dans les «dysfonctionnements» dénoncés dans leur propre rapport. Cette attaque contre Le Méliès est, au bas mot, la quatrième en un an pour quatre motifs différents (fausse mise en danger des spectateurs, maltraitance, pseudo favoritisme envers l’entreprise qui a procédé à l’installation du numérique…). Déjà, en juin 2012, à l’issue de la toute première enquête à charge, l’équipe avait déposé un préavis de grève pour dénoncer sa réelle souffrance au travail provoquée par les pratiques et les doubles discours de l’administration et des élus de la majorité. Il est temps que cela cesse et nous exigeons que Dominique Voynet réintègre tous les agents qu’elle projette de disperser, de ne pas reconduire ou de licencier, faute de preuve, pour « non respect du devoir de réserve ». Nous demandons que la maire laisse travailler sereinement cette équipe passionnée qui ne cesse d’oeuvrer à la culture pour tous.

La Section Syndicale du Cinéma Le Méliès
Mercredi 19 février 2012