Tract CGT Territoriaux du 05/02/2013 – Contre-éditorial

A lire le dernier éditorial du programme du Méliès, on se demande dans quel ordre il faut en démentir les termes. Ce texte de présentation de la programmation est devenu au fur et à mesure une tribune politique pour l’expression de la majorité, quitte à retarder l’impression du programme.

Madame la Maire a engagé une deuxième enquête administrative cette année concernant l’équipe du Méliès. Comment cela se passe ? Les agents sont convoqués un par un par la Direction Générale, sont interrogés par leur hiérarchie, sans possibilité d’appui syndical ou autre. On nous demande d’éteindre notre téléphone portable pour ne pas enregistrer l’interrogatoire. On nous rappelle que les procès verbaux pourront être transmis à la police. On nous rappelle, bien sûr, que l’enquête administrative nous « protège » et que l’on peut « parler en toute confiance ». Les « enquêteurs administratifs », dont l’un fut directeur par intérim du cinéma pendant 9 mois, produisent ensuite un rapport sur lequel la Mairie fonde ses conclusions. L’enquête administrative est faussée de bout en bout.

Nous nous sommes toujours rendus aux convocations et avons toujours répondu de bonne foi aux questions posées par nos responsables. Nous avons toujours appelé à la conciliation et à travailler en confiance. Plutôt qu’une enquête, pourquoi donc ne pas avoir organisé une réunion de travail pour mettre à jour une méthode plus satisfaisante ? Pourquoi l’actuel élu à la culture et rapporteur du budget qui, en tant que directeur des affaires culturelles a organisé la transition entre le cinéma associatif et le cinéma municipal en 2002, n’a-t-il jamais demandé la création d’une ligne budgétaire spécifique pour les séances non commerciales ? Pourquoi la Trésorerie Générale et le Conseil Municipal ont-ils depuis validé les comptes du Méliès chaque année ?

Une nouvelle fois, Madame le Maire se présente comme victime, prétendant « être obligée de porter plainte », se disant elle-même « caricaturée », soit en « Mère Thénardier » (dans Le Monde), soit « en épicière sordide qui ne comprend rien à la culture » (dans l’édito du dernier programme). Elle, qui accuse par voie de presse, au Conseil Municipal, dans des réunions publiques nos trois collègues suspendus de détourner « des dizaines de milliers d’euros » pour leurs dépenses privées, leurs « faux-frais cannois », leur achat de drogue aux réalisateurs invités (dans Le Monde, dans Télérama), module, selon son auditoire, ses versions des faits.

Par exemple les fonctions de Stéphane Goudet qui, le 20 mars 2012, était selon un courrier des élus de la majorité « maintenu dans ses fonctions de direction artistique, chargé du projet culturel, de l’animation et de la programmation du cinéma selon les termes de [son] contrat initial » signé en 2002. Mais en décembre dernier, Madame la Maire écrit à ses réseaux : « Je ne tolèrerai pas que celui qui a assumé les fonctions de directeur pendant dix ans se réfugie derrière ses nouvelles fonctions pour ne pas répondre clairement aux questions qui lui sont posées. » Flagrant délit de double discours, une fois de plus.

Cependant, au fil du temps et des discours, les accusations s’effondrent. Lu par Madame la Maire à la délégation : le Trésor Public conclut son rapport provisoire « sans pouvoir toutefois réunir de preuves irréfutables » d’irrégularités dans la gestion comptable du cinéma.

Aujourd’hui, et depuis le début de la grève le samedi 19 janvier, comme depuis une quinzaine de mois, notre parole est méprisée. Nous nous indignons des extrémités atteintes aujourd’hui par la municipalité : la suppression, à la dernière minute, du concert de soutien aux grévistes du Méliès le 3 février, l’injonction aux organisateurs (l’Université Paris 8 et l’INHA ) d’annuler la participation de Stéphane Goudet à un colloque international sur les cinémas municipaux le 31 janvier, les annulations par la Mairie de la soirée des 10 ans de l’association de spectateurs Renc’art au Méliès et de l’avant-première du film d’Alain Gomis le 18 décembre.

Quelles raisons pourraient déterminer l’équipe du cinéma Méliès à poursuivre la grève, sinon la défense de leur dignité et la légitimité à travailler ensemble sur le projet qu’elle porte.

Le 4 février, Madame la Maire privatisait « son » cinéma municipal pour la projection d’un film de Yann Arthus Bertrand en sa présence. Une séance non-commerciale, gratuite et sur invitation, au moment même où l’on reproche à l’équipe du Méliès l’organisation de telles séances sans passer par un vote préalable systématique au Conseil Municipal. La Mairie souhaitait de nouveau remplacer « en interne » les grévistes. C’est sans doute aussi notre « véhémence », nos « menaces » qui, après avoir « provoqué l’annulation » de cette dernière séance, retardent les travaux du Nouveau Méliès que Madame Voynet prétend ouvrir à l’automne 2013. Chaque passant peut se rendre compte que les travaux d’aménagement des salles, d’une durée d’un an, n’ont toujours pas commencé.

C’est au prix de tels retournements des faits que la Mairie entend mener « le dialogue social » en faisant se dérouler le même monologue autoritaire, au mépris des agents de la ville et des spectateurs Montreuillois.

L’équipe du Méliès en grève

Le 5 février 2013, 18ème jour de grève

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Une réflexion sur “Tract CGT Territoriaux du 05/02/2013 – Contre-éditorial

  1. Padieu Elisabeth 6 février 2013 à 9 h 36 min Reply

    Il n’y a pas un mot à changer à cette remarquable synthèse, digne et non polémique.

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